Archives de catégorie : 7. Musiques de scène – Opéra

Cycle Le Psychanalyste

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Feuilleton radiophonique d’après « Le psychanalyste » de Leslie Kaplan

Avec : Simon Scop, Martial Di Fonzo Bo
Clarinette: Philippe Berrod
Le Je : Agnès Sourdillon 
Piano : Raminta Dombrowski
Eva : Frédérique Loliée
Violoncelle : Eric Picard
L’homme de la conférence : Philippe Fretun
Elise Caron Cor : Joël Jody
Accordéon : Pascal Contet
Percussions : Hélène Colombatti
Violon : Eiichi Chijiiwa

Musique originale : Luis Naón
Réalisation : Claude Guerre
Le psychanalyste est publié aux éditions POL

L’idée d’adapter Le Psychanalyste de Leslie Kaplan (POL, 1999, repris en Folio) en feuilleton pour la radio est venue à l’auteur après une lecture de quelques extraits du livre par Martial di Fonso Bo au festival d’Avignon 2004, et aussi parce que la forme « feuilleton » – qu’est-ce qui se passe, qu’est-ce qui peut se passer – pouvait entrer en correspondance avec l’enjeu central du livre : saisir les personnages du point de vue de l’inconscient en acte, « comme » le psychanalyste, tracer le portrait de héros ordinaires, de héros de la pensée. Ainsi – une place centrale est donnée à la parole et à la voix, à cause des séances avec le psychanalyste, bien sûr, mais aussi parce que la pensée est très souvent saisie sous forme de monologue; – la narration est découpée en chapitres courts qui ont chacun une chute, et ces relances s’additionnent, créent un suspense d’ensemble, qu’est-ce qui va, qu’est-ce qui peut, se passer; – on est d’emblée dans une polyphonie, variété des personnages et des voix, possibilité de jouer sur le style et la manière, le ton et la tonalité, les façons de dire, les points de vue de chacun; – cette polyphonie est conçue comme une façon d’explorer le monde contemporain, chacun poursuit seul sa question propre et en même temps on est dans le même monde, chacun est lié aux autres, en rapport avec les autres, rencontres, recoupements; – la réalité sociale, la violence, le désespoir de la banlieue sont donnés à partir des personnages et de leurs mots, en dehors d’un applatissement naturaliste, dans une dimension véritablement dramatique, en rapport (on l’espère !) avec l’éthique de la psychanalyse et la découverte de l’inconscient; – les passages qui relèvent plus de l’essai, réflexions sur la psychanalyse, sur l’Histoire et l’état actuel du monde, mais aussi sur le cinéma, le théâtre, sont intégrés à la narration à travers les personnages, ce qui permet, à l’opposé d’un savoir fermé, de penser « avec » Freud, Kafka, Chaplin, Arendt, etc., en dialogue, de façon vivante et joueuse. Le travail de mise en scène de Claude Guerre, la musique originale de Luis Naon, le jeu de tous les comédiens : un vrai morceau de « vie vivante ». « Simon est psychanalyste. Il est vif, joueur, ouvert au hasard. Avec lui, dans son cabinet, les analysants, leurs histoires tragiques, comiques, leurs questions, ce qui se passe pendant les séances, et ce qui se passe, dehors. En contrepoint, une femme, Eva, qui, elle, essaie de penser le monde et la vie à travers la lecture et la relecture de Kafka. Car, dans l’un et l’autre cas, c’est de cela qu’il s’agit : penser. Tous les personnages de ce livre sont des héros parce qu’ils affrontent le conflit entre leur désir de vérité et leur passion pour l’ignorance : ils sont des héros par la pensée, des héros de la pensée. En même temps ils sont tout le monde, chacun de nous. Si on pense, on est vivant, on change, on peut changer. Alors, évidemment, il arrive plein de choses : le récit est toujours en train de se faire, comme l’identité, jamais donnée, car c’est dans chaque détail que tient le sens et le sens est lié à chaque détail. C’est pour ça que le dernier mot est au monde, cette accumulation innombrable de détails et de possibles. »

Blister (2019)

(action bellico-psichiatrique)
Pour récitant, soprano, saxophone alto, bass fretless, percussion, électronique et images vidéo.

Sur des textes de Martin Dubini

L’origine de ce pari est de reprendre de nouveaux chemins pour une forme scénique. Le  TACEC (Teatro Argentino de La Plata), nous a confié cette aventure.

Personne ne sait si l’opéra est toujours en vie, mort ou à l’agonie. Que se passe-t-il lorsque l’on propose une la cohabitation d’un texte, d’une musique, des images ? Se quoi s’agit-il ?

La proposition de Blister, est, pour commencer un dispositif dans lequel les trois formes artistiques partagent un espace, une ébauche de sens, une ellipse.

Sur scène, le quatuor, composé d’une voix de soprano, un saxe alto, une basse fretless et une percussion, compte sur l’action invisible d’une électronique qui se déploie dans l’espace et une vidéo bien visible. Les musiciens commentent ou s’opposent à la sémantique des textes dits par un acteur / récitant.

Si la musique occupe la scène, polluée délibérément par des images (images poubelle), la voix parlée provient de différents lieux aussi réels qu’imaginaires.

Tout ressemble au bord supérieur d’une tranchée mais nous ne savons pas de quel côté de celle-ci nous sommes. Il y a une diffuse distinction dans le statut des détonations. Il s’agit de plusieurs manières de ne pas traverser une frontière pour poursuivre ainsi la chute.

Créée au TACEC – Teatro Argentino de La Plata le 11 juillet 2019.


Récitant : Martin Dubini
Images : Leonardo Balistrieri
Soprano : Maria Bugallo
Saxophone : Bera Romairone
Bass fretless (et guitare) : Juan Negri
Percussion : Bruno Lobianco